Nkoudou, une chance à saisir ? .

8 juillet 2016 - 15:50

Batshuayi, Mandanda, Mendy, Nkoulou, Isla, Thauvin, Manquillo, Fletcher, Barrada, Ocampos, Romao, Fabri, De Ceglie, Lucas Silva... la liste des départs est tellement longue à l'Olympique de Marseille à cette intersaison qu'il est possible de croire que le club va commencer le championnat avec le seul Georges-Kévin Nkoudou. Et comme bien souvent lorsqu'on se fait ce genre de réflexion, il devient lui aussi touché par le virus du départ, même s'il n'est arrivé au club qu'il y a un an. Pour ce genre d'histoire, le plan communication est bien rodé, il se déroule sans accroc. Première étape, son départ est évoqué avec une bonne liste de clubs, mais l'on retient avant tout la volonté du joueur de rester à Marseille. Puis, des offres bourgeonnent, cela devient plus concret, avec un montant important, mais le standing des clubs baisse : il s'agit de Bornemouth, Hambourg, deux clubs qui jouent plus la relégation que l'Europe dans leurs championnats.  Avec cette mise en perspective, le joueur est à l'abri de la vindicte populaire. On ne se concentre plus que sur le montant : entre 12 et 13 millions d'euros pour un joueur qui a une seule saison complète de Ligue 1 dans les jambes, qui a été acheté 1,5 million d'euros il y a un an, c'est présenté sous l'angle le plus tentant possible.

Saison arrêtée début février

Cela ne veut pas dire qu'un départ de Georges-Kévin Nkoudou serait une bonne chose. Car le joueur a réussi à montrer qu'il pouvait réussir à l'OM, ce qui n'est pas rien. Entré dans l'équipe à la fin du mois de septembre, Nkoudou a commencé par marquer des buts. En Europa League, en championnat, pas d'exploit mais une efficacité qui permet à son équipe de rester à flot. Au fil des semaines, le joueur prend une autre dimension. La démonstration de ce nouveau statut se vérifie pleinement pour ... une défaite, en quart de finale de coupe de la Ligue, à Toulouse (2-1, a.p). Pour cette rencontre en plein mois de janvier, l'OM doit faire face à une cascade de forfaits, le jeune Alphousseyni Sané débute même la rencontre. Nkoudou, diminué, est presque mis de force sur le terrain. Tout le jeu phocéen passe par lui. Dès que ses coéquipiers ont le ballon, ils cherchent à le lui donner. Quelques semaines plus tard, les langues se délieront et les joueurs admettront même que ce sera l'unique plan de Michel : passer la balle à GK. Toujours est-il que celui qui n'était pas titulaire à Nantes la saison d'avant assume : il égalise au Stadium d'une belle frappe croisée qui rentre à l'aide du poteau. Le problème, c'est que sa saison s'est presque arrêtée là-dessus. Il inscrit le but de la victoire à Montpellier, début février, et plus rien derrière. Pour la demi-finale de coupe de France, il se blesse et sort à la mi-temps. Il rate les quatre dernières rencontres de championnat pour finir sa saison avec une entrée sans relief en finale de coupe de France. A sa prise de fonction, Franck Passi, qui a donc opté pour un 4-4-2, a fait avec Alessandrini et Thauvin dans les couloirs. 

Une vente pour refaire le coup de Niang ?

Ce n'est pas dit que le technicien, confirmé dans ses fonctions, garde ce schéma la saison prochaine, sans Fletcher, sans Batshuayi, sans Thauvin ni Ocampos ou encore Barrada. Mais s'il y a bien une certitude, c'est que Georges-Kévin Nkoudou se retrouve exactement sur les mêmes plates-bandes que Romain Alessandrini. Ailier, gaucher, capable de jouer deuxième attaquant mais dont les épaules ne sont pas assez larges pour évoluer seul en pointe. Le plan, c'était d'ailleurs qu'Nkoudou prenne la suite d'Alessandrini, qui, arrivé à l'OM en même temps que Batshuayi, devait exploser pour rejoindre une écurie type Dortmund avec une belle indemnité à la clé. Mais le football n'est pas une science exacte et c'est finalement le second qui a plus marché que le premier. Du coup, l'OM se retrouve avec un effectif où l'on trouve cinq milieux offensifs (Nkoudou, Alessandrini, Cabella, Sarr et le nouveau Khaoui) mais aucun attaquant de métier. La vente de GK Nkoudou pourrait donc permettre de rééquilibrer les choses. Si son départ permet par exemple d'acheter Valère Germain à Monaco tout en se faisant prêter Bafétimbi Gomis, cela pourrait être un bon coup. De la veine de ce qu'avait réalisé à l'époque Pape Diouf, qui avait vendu Benoît Pedretti à Lyon, un an seulement après son arrivée, pour mieux réinvestir la somme du transfert sur un attaquant, un certain Mamadou Niang. Sauf que cette époque est révolue. Et avec cette direction olympienne, si l'on ne sait pas trop ce que l'on a, on sait encore moins ce que l'on aura. Même si le déficit semble avoir été comblé avec les ventes de Batshuayi et Mendy, l'état-major phocéen est capable de vendre Nkoudou pour ne prendre qu'un attaquant libre qui aura comme principal mérite d'accepter le salaire qu'Anthony Koura a refusé... Dans ce cas, autant miser sur un retour en forme de "GK", et même faire en sorte que ce soit l'atout numéro 1 de l'équipe. Il en a le potentiel .

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