Lass Diarra pris à son propre piège ?

31 mai 2016 - 20:38

Comme prévu, Lassana Diarra a démarré la première rencontre de préparation de l'Euro dans la peau d'un titulaire avec le maillot de l'équipe de France. C'était son objectif en signant à l'OM il y a un an. C'était devenu une évidence quelques mois après, seulement, fort de ses débuts impressionnants avec le maillot blanc. Mais alors que la compétition débute dans quelques jours seulement, le milieu de terrain pourrait paradoxalement louper la dernière marche. Il reste encore un match de préparation, contre l'Ecosse à Metz, avant de démarrer la compétition vendredi prochain contre la Roumanie. Et dans le milieu de rêve des Bleus, aux côtés de Paul Pogba et Blaise Matuidi, c'est la surprise N'Golo Kanté qui pourrait prendre le troisième poste au milieu. Les deux joueurs ont disputé une mi-temps chacun. Et il n'y a pas photo. Lass', qui a pris part au premier acte, a droit à une note de 4/10 dans L'Equipe avec le commentaire suivant : "Son genou douloureux l'a-t-il rendu fébrile ? La première égalisation part d'un ballon qu'il perd aux trente mètres et la sentinelle n'a pas été très précise dans le jeu long". Son remplaçant a eu droit à un 6/10. Mais c'est dans le commentaire que la plus grande différence entre les deux joueurs se fait sentir : "Il s'est projeté vers l'avant avec plus de justesse et plus de tranchant. Il n'a pas tout réussi mais il dégage une plus grande sérénité". Sous-entendu, par rapport à Diarra. 

Le précédent avec Valbuena et Rémy

Si Kanté prend in extremis le chasuble de titulaire à Lassana Diarra pour l'Euro 2016, le sourire ne s'invitera sûrement pas que sur le visage d'une poignée de supporters olympiens. Ce serait le fameux retour de manivelle, la preuve que, quelque part, il y a une justice dans le football. A force de s'économiser avec l'OM et de penser à cette échéance plutôt qu'à la situation du club phocéen, le milieu de terrain en a perdu le rythme de la compétition et ne peut pas empêcher le champion d'Angleterre, à l'enthousiasme débordant, qui a lui aussi une clause de départ officieuse mais qui ne parle pas encore transfert, de lui prendre sa place. A Marseille, cela renverrait presque quatre ans en arrière, pour l'Euro 2012. L'OM bouclait alors une saison extrêmement pénible à la dixième place du championnat, totalement en roue libre, avec un Didier Deschamps totalement vidé par une saison éprouvante en interne. Au mois de mars, alors que le club marseillais s'enlise dans une série historique de matchs sans victoire, Morgan Amalfitano pousse un coup de gueule dans la presse, fustigeant certains de ses coéquipiers qui pensent plus aux échéances de fin de saison qu'au feu qu'il y a au club. Dans l'intimité du vestiaire, on comprend vite qu'il fait allusion à Loïc Rémy et Mathieu Valbuena. Le premier, victime d'un claquage pour le dernier match au Vélodrome, devra renoncer à l'Euro quelques jours seulement avant l'annonce de la liste finale de Laurent Blanc. Le second sera dans les 23 mais ne disputera pas une seule minute de la compétition.

Mieux vaut qu'il brille

Le même destin attend Diarra ? Il ne faut pas aller si vite en besogne. Ce n'est qu'un match de préparation. En 2006, Zidane avait disputé une rencontre bien plus inquiétante contre le Mexique en préparation. Certains se demandaient même si l'équipe de France n'avait pas alors à imaginer une schéma sans le meneur de jeu. Quelques semaines plus tard, il allait être le meilleur joueur de la compétition avec Fabio Cannavaro, avec un quart de finale contre le Brésil qui rentre tout simplement dans la légende de ce sport. Autant donc attendre avant de jeter Lassana Diarra dans les orties. Surtout qu'il est toujours sous contrat avec l'OM. Peu importe ses déclarations, il reste un olympien, et c'est bien connu, la situation peut rapidement évoluer. Surtout, il vaut mieux souhaiter qu'il soit titulaire pendant la compétition, voire qu'il soit un joueur majeur d'une sélection qui se montre. S'il est à son avantage, les clubs intéressés par ses services seront plus nombreux, et de fait la concurrence permettra à toutes les parties (le club, le joueur), de trouver un arrangement pour un Happy End. Puisque c'est une histoire de gros sous .

 

Commentaires