Non, vous n'avez pas tout donné .

22 mai 2016 - 09:34

Voilà, c'est fini. Pour terminer cette saison, l'OM s'offre un nouveau record. En effet, avec ce revers en finale de coupe de France, les Phocéens portent la série à 10 défaites consécutives contre le rival historique. A la fin du match, toujours la même scène. Des joueurs olympiens qui se défilent au moment d'affronter cette réalité en face. Après la rencontre, seul Steve Mandanda s'est arrêté derrière les micros, peut-être aussi parce que c'était son dernier match avec l'OM. Lassana Diarra est passé en coup de vent, lâchant tout de même au passage un "on se reverra" faussement rassurant, qui peut aussi bien vouloir dire qu'il jouera encore l'an prochain à Marseille ou qu'il retrouvera la délégation olympienne avec le PSG en championnat. Les autres sont montés directement dans le bus. Mais le sommet de l'humiliation n'est pas là. C'est lorsque les Parisiens, Blaise Matuidi en tête, s'arrêtent eux, et saluent la performance de l'OM, "qui n'a pas démérité", un peu comme s'ils caresseraient une bête blessée. 

Paris n'a pas forcé

Enfant de la région parisienne, Matuidi ne s'en est jamais caché, il avait le coeur rouge et bleu. Aussi, lors de ses premiers OM-PSG, le milieu était pleinement dans la lignée de la passion autour de ce choc né dans les années 90, au moins autant qu'un Llacer. Mais désormais, battre l'OM ne lui fait plus grand-chose, c'est devenu une routine, il a presque pitié pour l'adversaire, pour ses camarades en équipe de France Mandanda et Diarra avec qui il est allé parler à la fin du match. Le supporter qui a avalé des kilomètres pour assister à cette finale pourra toujours essayer de se convaincre que ça valait le coup en se remémorant ce moment dans le match où la victoire de l'OM semblait envisageable. Thauvin venait d'égaliser sur une initiative personnelle et Paris pouvait commencer à douter face à des Olympiens volontaires. Mais cela n'a duré qu'un quart d'heure. La supériorité technique d'un Rabiot au milieu de terrain, pour ne citer que lui, a repris le dessus. Le PSG s'est remis dans sa configuration habituelle et a fini par trouver la faille. A trois nouvelles reprises, sans donner véritablement l'impression de s'arracher, à l'image d'un Blanc qui fait rentrer Kurzawa à la fin pour mieux qu'Ibra soit acclamé. 

Qui a vraiment laissé ses tripes sur le terrain ?

Franck Passi a lui tenté quelque chose avec Brice Dja Djédjé, ne laissant alors plus que trois défenseurs. Ce qui a permis à l'OM marquer son deuxième but quelque part, car la réalisation de Michy intervient après une frappe en position offensive du latéral gauche. Mais il faut être honnête, cela ne servait pas à grand-chose. Passi, qui a ensuite glissé qu'il ne voulait pas être jugé sur ce match-là, le sait très bien. Il était attendu sur un autre terrain vu la rencontre, l'enjeu. L'attente des supporters se situait au niveau de la motivation. Il fallait tout donner sur ce match-là pour sauver la saison. Ce qui voulait concrètement dire courir plus, être plus agressif sur le porteur de balle, en vouloir plus dans les duels... Ce qui n'a pas été le cas. Rekik a montré les crocs en première mi-temps tout comme Barrada, qui a mis du coeur à l'ouvrage dans la construction du jeu, et Florian Thauvin, auteur peut-être de son match le plus accompli avec l'OM pour ce qui devait logiquement être pour lui aussi une dernière. C'est trop peu. Si ça se trouve, même José Mourinho aurait été incapable de galvaniser ce groupe, de le convaincre de laisser ses tripes sur le terrain. Mais il ne fallait pas alors laisser miroiter à des milliers de fans que tout était possible sur une finale .

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