Michel a-t-il vraiment sabordé sa compo face à Bordeaux ?

13 avril 2016 - 10:17

Dimanche soir, aux alentours de 20 heures, la composition du onze olympien face à Bordeaux tombait... et nous aussi, mais des nues. Première interrogation, la présence de Manquillo à droite, alors que Dja Djédjé était disponible. L'Ivoirien est souvent plus tranchant dans son couloir. Mais, rien de scandaleux jusque-là, car Manquillo ne déçoit que rarement. Deuxième hic, la titularisation de Rekik dans l'axe, à la place de Rolando. Le jeune Néerlandais multiplie les matches décevants depuis le début de la saison, alors que le Portugais est monté en régime et possède une expérience qui peut s'avérer utile dans ce contexte volcanique. Mais passe encore, car le pire est à venir.

Au milieu, la surprise du chef se nomme Lucas Silva. Catastrophique dès ses premiers matches, le Brésilien est peut-être le plus gros flop de la saison tous clubs confondus, avec son coéquipier Paolo De Ceglie. Pourtant, en l'absence de Diarra, Michel l'a ressorti du placard alors que la solution Romao semblait couler de source. Enfin, devant, l'Espagnol a une nouvelle fois privilégié le sympathique, mais inoffensif, Steven Fletcher, à l'énervant, mais efficace, Michy Batshuayi. On ne parle même pas du revenant Bouna Sarr, condamné au banc ou à la tribune depuis des mois, et sorti du chapeau à la surprise générale.

Cette compo, les relais de Vincent Labrune se sont évidemment rués dessus dès le coup de sifflet final, à commencer par l'ambassadeur Basile Boli : "Je suis surpris et bouleversé par les choix de Michel. On a un joueur qui a marqué 15 ou 16 buts depuis le début de la saison et qui n'est pas aligné. Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas. On voit une équipe renouvelée, alors qu'on a besoin des joueurs d'expérience". Si la virulence de celui qui vantait les qualités de Michel il n'y a pas si longtemps ne laisse pas de doute sur l'aspect téléguidé de l'intervention, il n'en reste pas moins qu'il y avait largement de quoi s'interroger.

Dans les heures qui ont suivi le match, les premières rumeurs tombaient. Désireux de s'exfiltrer le plus vite possible avec son chèque, Michel aurait volontairement sabordé sa propre compo, espérant ainsi pousser l'actionnaire à le limoger. Après tout, dans cet abysse d'incompétence et de nullité, pourquoi pas ? Mais pour les observateurs avertis, l'explication semble un peu courte. C'est ce qu'estime cet ancien dirigeant qui a conservé des relais à la Commanderie : "Cette explication ne tient pas, dans le sens où Michel sait bien qu'il finira par partir et qu'il n'a aucun intérêt à se ridiculiser toujours plus en perdant des matches. La vérité, c'est que ces joueurs qui sont restés sur le banc n'en on plus rien à foutre, et qu'ils ne le cachent même plus à l'entraînement. Dans leurs têtes, ils sont déjà en Angleterre. La situation du club, ils s'en tapent complètement et Michel le voit tous les jours à l'entraînement". Des arguments qui rejoignent cette source interne du club, hallucinée par le comportement de Batshuayi et Nkoudou sur le banc - que l'on a tous vu sur les images de Canal Plus, mais aussi dans le vestiaire après le match où les éclats de rire fusaient pendant que les gaz lacrymo flottaient à l'extérieur.

Conclusion : Michel ne sera effectivement pas nommé meilleur entraîneur FIFA de l'année, mais ça, on le savait déjà. En revanche, on sait maintenant que ses joueurs n'ont rien fait pour l'aider à y accéder, bien au contraire...

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