Qui, en cas de départ de Michel ? .

21 mars 2016 - 08:25

Vendredi soir, les fondations du Stade Vélodrome ont tremblé à la suite du cauchemar vécu par l'OM sur sa pelouse face à Rennes. Le revers de trop, après six mois sans victoire en Ligue 1 pour les Olympiens sur leur pelouse. Des joueurs prostrés, tétanisés par la bronca du public, et un Michel de moins en moins fringant, accusé les jours précédents de ne plus tenir ses troupes, mais qui assure qu'il n'abandonnera pas son groupe (vidéo). Devant les caméras d'Infosport+, Vincent Labrune a évidemment été interrogé sur le cas de l'entraîneur qu'il a choisi l'été dernier. La réplique est vite trouvée : "Avec Michel, de toute façon, on est partis ensemble, on finira ensemble", précisant dans la foulée qu'il ne dispose pas du budget pour faire ce qu'il souhaite. En gros : "pas d'argent, pas de changement !", comme le confirmait RMC hier dimanche.

Pourtant, l'ensemble des observateurs estime que l'Espagnol n'est plus en mesure de redresser l'équipe, à l'image de Franck Sauzée, ancien milieu olympien et consultant pour Canal+ : "Si j’étais Michel, je démissionnerais, car je ne pense pas qu’il est l’homme de la situation". Son ancien coéquipier, Éric Di Meco, estime même que "Michel fait tout pour se faire virer". Effectivement, on voit mal comment l'Espagnol va pouvoir terminer la saison, tant la fracture avec ses joueurs et les supporters semble impossible à réduire. De plus, si l'OM compte 39 points, personne n'est véritablement en mesure de garantir que le maintien est assuré dans ce contexte à sept journées de la fin. C'est certainement ce qui a dû se dire lors de la longue discussion entre Vincent Labrune, Luc Laboz et Kyril Louis-Dreyfus dans les salons du Vél' à l'issue de la débâcle. Si les arguments financiers développés par le président olympien peuvent s'entendre, on peut aussi estimer qu'il recule pour mieux sauter, car virer Michel aujourd'hui ou dans deux mois ne changera pas grand-chose en terme d'indemnités de licenciement sur l'année de contrat qu'il lui reste.

Oublions les grands noms

Alors, en cas de départ, quelles seraient les solutions pour assurer la fin de saison ? On a beau retourner le problème dans tous les sens, on n'en voit pas beaucoup. Même si quelques grands noms sont sur le marché, on les voit mal venir faire les pompiers de service pour une demi-douzaine de matches avec un groupe aussi faible et déséquilibré, en plus du contexte cataclysmique. En clair, sauf miracle, il faut oublier les Jorge Sampaoli (libre), Rudi Garcia (libre) ou encore Marcelo Gallardo (River Plate). Ces coachs ont certainement leurs bureaux recouverts de propositions prestigieuses et rémunératrices, et ils n'ont rien à faire dans l'actuel bourbier. Si on peut rêver pour l'été prochain, inutile de compter sur eux aujourd'hui. Même chose concernant Gabriel Heinze, souvent évoqué à l'époque pour épauler Marcelo Bielsa. Mais l'ancien défenseur argentin, qui vient de passer ses diplômes, est sur le point de s'engager avec le Gimnasia La Plata, dans son pays.

Boli en survêt' ?

Finalement, on ne voit guère que les solutions d'urgence pour gérer ces derniers matches. Si l'éventualité Franck Passi semble peu probable (voir L'équipe de dimanche), l'adjoint pourrait tout de même rester dans le jeu, mais accompagné d'un renfort un peu plus prestigieux aux yeux des supporters. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas demander à Basile Boli de quitter son costume d'ambassadeur-conseiller du président et d'enfiler un survêtement au nom de la cause ? L'ancien héros de Munich n'est pas un technicien, mais sa présence sur les terrains de la Commanderie pourrait inspirer les joueurs, tout en calmant - peut-être - les supporters. Pourquoi pas ? Même si "Base" aurait certainement plus à perdre qu'à gagner dans cette aventure.

L'heure de JPP ?

Il y a une autre piste à creuser, toujours dans l'idée d'adjoindre un grand nom à Franck Passi. Récemment, Jean-Pierre Papin affirmait au Phocéen être intéressé par une fonction d'entraîneur des attaquants olympiens. L'ancienne icône du Vél' reste une référence aux yeux des supporters, il est également un technicien diplômé et Michy Batshuayi se disait séduit par l'idée. Comme son ancien coéquipier Boli, JPP prendrait des risques dans l'histoire, mais l'hypothèse est tout de même plus séduisante. Reste à savoir quoi faire de lui une fois la saison terminée, ce qui ne colle pas au standing du personnage à Marseille.

Enfin, il reste les coachs français disponibles. Après les signatures de Hantz, Antonetti et Dupraz à Montpellier, Lille et Toulouse, ils ne sont plus très nombreux et les noms ne font pas rêver. En effet, pas sûr que les supporters olympiens se contenteraient de voir débarquer un René Girard, un Paul Le Guen, un Bernard Casoni, un Hubert Fournier, un Willy Sagnol, voire un Raymond Domenech.

Dernières pistes envisageables : de jeunes techniciens débutants ou en devenir, comme Éric Roy, Éric Carrière ou Alain Boghossian, ne sont pas à négliger. Mais encore une fois, ces derniers auraient du mal à passer l'été, tant les supporters attendent du concret, afin de ne pas repartir sur une saison improbable. Pas simple du tout .... .

Commentaires