Michy Batshuayi creuse encore .

15 février 2016 - 13:25

C'est l'exact inverse de Serge Aurier. Michy Batshuayi sait parfaitement se servir des réseaux sociaux. Avec ses expressions et ses émoticônes, nul doute qu'il saura faire passer la pilule auprès de son public. Mais à un moment donné, ce qui compte, c'est le terrain. Si le Belge en est déjà à 15 buts cette saison, son rendement actuel interpelle. Après avoir été transparent contre Paris, il a raté pas moins de quatre occasions franches à l'Allianz Riviera. Ses plus fidèles partisans n'oublient jamais de rappeler les chiffres, mais ils se retournent contre lui au fil du temps. Ainsi, sur les onze derniers matchs, l'attaquant de l'OM n'a scoré qu'une fois... Alors à choisir, autant pousser pour une sérieuse remise en question. Car à vouloir laisser en paix "le meilleur buteur", il va finir sa deuxième saison à 15 ou 16 buts et ça sera franchement du gâchis. Oui, en le comparant à certains de ses prédécesseurs, il y aura toujours moyen de se dire que le bilan de Batshuayi est correct. Mais il doit normalement faire beaucoup mieux. Pour être le nouveau Drogba, être transféré pour une somme équivalente à Drogba, il faut les statistiques de Drogba. Et c'est le double. 

La culture du 9 à Marseille

Pour certains, les critiques à l'encontre de Batshuayi sont un bel exemple de cette culture de l'instant qui gangrène le football. On descend un joueur en flèche, on se moque, on oublie tout ce qu'il a apporté dans le passé, pour mieux redevenir mielleux quelques jours plus tard, lorsqu'il marque de nouveau. Sauf que Marseille n'a pas attendu Internet pour fonctionner de la sorte. Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais JPP, c'était au début les initiales de J'en Peux Plus avant d'être celles de Jean-Pierre Papin. Après un match où il avait tout raté contre l'Austria Vienne, Drogba s'est vu renommer Drogbakayoko. Quelques semaines plus tard, pour un triplé contre le Partizan Belgrade, cela devenait soudainement Drogbadaboum... Ainsi va le poste d'avant-centre à l'OM. Tout en haut ou tout en bas, sans demi-mesure. C'est ce qui rend le challenge excitant. Michy le savait dès sa signature et l'âge n'est pas vraiment une excuse. Il se doit d'encaisser.

Pas de risques pour Michel

Néanmoins, il peut aussi se dire qu'il est légitimement seul dans cette mission. Déjà par le choix de ses dirigeants. Se retrouver seul pour ce poste s'est finalement avéré être un cadeau empoisonné. Après avoir fait tous les matchs ou presque, Michy semble fatigué et manque de lucidité au plus mauvais moment, alors que le secteur offensif redevient complet dans la ligne juste derrière lui. Gignac avait sorti sa meilleure saison lorsqu'il avait la concurrence de Batshuayi. Le Belge n'a personne derrière pour le stimuler. Ou plutôt n'avait puisque Fletcher est arrivé. Mais l'Ecossais ne l'a remplacé que trop tardivement lors des deux derniers matchs de championnat, si tant est qu'il n'a pas eu d'occasions à se mettre sous la dent. Avec la blessure de Dja Djédjé, et la rentrée de Romao, Michel n'avait pas forcément l'occasion de sortir un milieu défensif pour les associer dans le dernier quart d'heure. Le Togolais venait de rentrer en jeu, et l'on ne peut non plus imaginer sortir Diarra. Mais il était possible de sortir Nkoudou, décaler Cabella et faire monter Lass d'un cran. Tenter un changement offensif pour ne pas avoir peur de perdre à Nice, estimant que la victoire était réellement nécessaire à l'OM. Sortir tôt Batshuayi, cela aurait aussi été un coaching. Qui pouvait permettre à Michy de se remettre en question mais aussi à Michel d'être critiqué si jamais son remplaçant faisait encore moins bien. Au moins, en le laissant jusqu'à la 85e pour ensuite critiquer l'efficacité offensive après la rencontre, on est sûr d'une chose : il n'y aura qu'un coupable...

#BatshuayiMichy

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