Paolo De Ceglie, basta !

12 février 2016 - 08:34

Sur la pelouse de Bordeaux, Paolo De Ceglie a démarré son quatrième match avec l'OM. Il en est à onze apparitions avec le maillot blanc en compétitions officielles. C'est peu pour un élément prêté par le vice-champion d'Europe, en quête de temps de jeu. Mais c'est déjà énorme pour tout ceux qui regardent ses matchs, à savoir les supporters phocéens. S'en prendre à De Ceglie peut sembler facile. Certains feront observer à juste titre qu'il est plus simple de taper sur un joueur italien déconnecté que sur un élément présent sur Twitter et curieux de voir ce qui se dit sur lui sur internet. S'en prendre en plus à un joueur olympien au lendemain d'une victoire peut même être interprêté comme de l'acharnement. Mais c'est justement par respect pour cette institution qu'est l'Olympique de Marseille qu'il faut taper du poing sur la table avant qu'il ne soit trop tard et qu'une catastrophe survienne contre Granville par exemple.

Un chemin de croix

Parce que contre Trélissac, l'OM est passé tout proche de la correctionnelle. Dès la deuxième minute, De Ceglie a oublié un attaquant de Trélissac dans son dos, parti immédiatement au duel avec Mandanda. De quoi refroidir une équipe qui a mis 20 minutes finalement à rentrer dans son match. La suite ? Une impressionnant remake de "La passion du Christ". Le joueur formé à la Juve s'est fait remarquer à chaque fois que le ballon allait dans son secteur. Trélissac a évidemment tout tenté de son côté et il n'y avait pas lieu de leur en vouloir. De Ceglie était soit très mal placé pour son marquage, soit terriblement faible dans son duel. On avait l'impression d'assister à un match d'un môme du centre à peine majeur lancé trop tôt face à des vieux briscards de Ligue 1. Mais non, c'était un élément qui en était à sa neuvième année dans l'élite, opposé à des joueurs amateurs du quatrième échelon français. Se faire chambrer là-dessus par la France entière, ça va un moment. Vu la situation actuelle du club, il n'y a de toute façon plus de temps à perdre, même dans un match "moins important" ou "plus abordable". S'il faut faire reposer un titulaire, que Benjamin Mendy est toujours indisponible, autant tenter Stéphane Sparagna à gauche. Vraiment.

L'exemple Torrisi

Ce n'est pas de la "préférence régionale" bête et méchante de supporter de base. Steven Fletcher n'est sûrement pas attaché plus que ça à Marseille, lui non plus. Il vient pour se relancer, limiter la casse en terme de salaire pour repartir dans sa Premier League si possible dans seulement quelques semaines. S'il avait vraiment le club dans la peau, il n'aurait pas attendu le dernier moment pour signer. Mais à Bordeaux, l'Ecossais a montré qu'il avait le niveau pour l'OM. Tout d'un coup, on ne sait pas ce que devient Antoine Rabillard mais cela importe peu. Alors, c'est facile de dire que ce n'est pas la faute de De Ceglie, qu'il n'a pas demandé à être transféré à Marseille et qu'il vaut mieux s'en prendre aux dirigeants qui se sont laissés endormir par Doyen Sports sur le coup. Mais au mercato, le joueur a refusé de partir à Getafe. Et puis, récemment, Stefano Torrisi, un autre défenseur italien a peut-être montré la voie. Catastrophique pour ses débuts à l'OM en 2002 avec deux csc pour son premier match, il a lui-même mis fin à l'aventure phocéenne une poignée de rencontres plus tard, comme il l'a raconté à Sofoot.com : "J’ai touché seulement un salaire, celui du mois de janvier. Pour moi, si tu restes toujours sur le banc, tu voles ton salaire. J’étais en difficulté. Je n’étais pas prêt à jouer. J’ai dit aux dirigeants de Marseille que j'étais nul, qu'il fallait que je parte retrouver la forme, redevenir un joueur de foot". Si De Ceglie veut un minimum de respect, il sait ce qu'il lui reste à faire. 

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